Choquer pour sensibiliser – Où sont les limites ?

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Le Gamp, Groupe d’Action qui dénonce le Manque de Places pour personnes handicapées de grande dépendance, lance une nouvelle campagne de sensibilisation. Relayée par certains médias, l’affiche représentant une femme nue, de dos, les mains attachées semble faire polémique. Décrite comme choquante, la question suivante se pose : faut-il choquer pour sensibiliser ?

Avant de se poser cette question, nous devrions nous interroger sur la notion même du choc ressenti lorsque l’on est exposé à une certaine image. Qu’est-ce qui est choquant ? Dans notre société actuelle, où se trouve la barrière entre choquant et non choquant ? Est-ce une affaire de société ou une appréciation personnelle ?

Plusieurs associations connues pour leur lutte contre le port de la fourrure, l’expérimentation sur les animaux, la violence contre les enfants… ont souvent mis en scène la réalité de ce pour quoi ils se battent. A partir de quel moment, peut-on/doit-on trouver ça choquant ?

La mise en image d’une réalité, souvent ignorée des masses, permet aux associations de mettre en lumière ce que beaucoup ne voit pas. Dans les campagnes de sensibilisation, la plupart du temps, le mot d’ordre n’est pas de choquer mais de faire voir, faire comprendre.

N’est-on pas alors plus choqué par la réalité des faits mis en lumière que par l’affiche ou le spot  en lui-même ? Pourrait-on transformer ce proverbe « Il n’y a que la vérité qui blesse » en « Il n’y a que la vérité qui choque » ?

De mise en scène à analogie

S’il on peut considérer une campagne de sensibilisation acceptable parce qu’elle nous montre simplement la réalité, que doit-on penser d’une campagne qui fait la même chose tout en utilisant une analogie référent à un fait historique tragique ?

Gaia, qui se bat contre la cruauté envers les animaux, a récemment mené une campagne de sensibilisation contre l’abbatage rituel des moutons sans étourdissement préalable. Le spot radio est simple. Un mouton raconte son « voyage » vers l’abattoir, ses angoisses et sa peur alors qu’il approche de la mort. A l’écoute, on constate qu’il y a énormément de similarité avec ce qu’un prisonnier de camp d’extermination pendant la seconde guerre mondiale aurait pu vivre.

Gaia met en scène la réalité de la mort d’un mouton lors d’un abbatage rituel mais est-ce acceptable de le faire via un événement historique qui a fait des millions de morts ? L’association ne mets plus seulement en lumière une réalité mais tire avantage d’un événement terrible durant sa campagne. Qu’est-ce qui est choquant ? A partir de quel moment doit-on dire « stop, c’est choquant et inacceptable » ?

Ne devrions-nous pas chacun personnellement nous faire notre avis au lieu de laisser décider les médias de ce qui est choquant ou ne l’est pas ? La notion de provocation est soumise à l’appréciation personnelle. Ce que vous trouverai choquant ne le sera peut-être pas pour votre voisin. Mais alors, où sont les limites ?

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Article rédigé par Marie Vandenberg.

Cet article a été écrit par...
Clement Passionné d'actualité, c'est en 2011 que je créé Time To Think, site d'actualité. 3 ans plus tard, ce dernier devient Fourth Wall. Mon objectif : mettre en avant l'actualité dont les grands médias parlent peu ! Retrouvez moi aussi : www.clement-gracyk.com

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