Le choc de compétitivité japonais

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L’info date d’il y a quelques jours, mais c’est un événement en soit. Le Japon est devenu un véritable laboratoire économique à échelle humaine. Pour sortir de l’enlisement dans lequel se trouve le pays depuis environ 15 ans, tous les moyens viennent d’être mis sur la table. Gros plan. 

Un choc de compétitivité

C’était il y a quelques jours, mais c’est une vraie prise de risque au japon: la banque centrale du Japon a annoncé l’injection de 17 milliards de Yen dans le système. Si je reformule, cela signifie simplement que les liquidités japonaises vont doubler d’ici 2 ans. Dans le même temps, le premier ministre sort de son chapeau de l’injection de fonds publics dans le système et également une coupe des impôts pour les entreprises de 15 milliards. Conséquence directe, le niveau de confiance des chefs d’entreprises japonais explose les prévisions. Rajoutez à cela une TVA qui passe de 5 à 8%.

Une dévaluation compétitive

Ce que l’on vient d’énumérer, c’est la recette de base d’une dévaluation compétitive. Reformulons: la monnaie baisse, la quantité d’argent en circulation double, les impôts pour les entreprises baissent et la TVA augmente… Une politique de l’offre telle qu’on pourrait la trouver dans tous les manuels d’économie. Le consommateur perd en pouvoir d’achat mais le producteur devient plus fort. Sauf que la, pas de théorie, mais une mise en application directe.

La dette chinoise

Pour rappel, le Japon a un taux d’endettement de plus de 200%, mais détenu presque au 3/4 par les japonais eux-mêmes.

Abenomix

Si vous ne connaissez pas le terme d’abenomix, il va falloir le rajouter à votre vocabulaire économique et sans doute également historique. Abenomix, c’est le nom de la politique menée par le premier ministre japonnais depuis la fin 2012, et qui consiste à frapper fort pour réveiller son pays. Comprenez par là, frapper à la fois sur la politique monétaire, la politique budgétaire et les stratégies de croissance économique.

Le rôle des retraités

Finalement, dans ce grand laboratoire taille réelle, la clé de la réussite est sans doute détenu par les retraités. Ils sont majoritaires au Japon, plus de la moitié des électeurs sont retraités. L’objectif est d’alimenter les retraités, pour qu’ils achètent de la dette japonaise, et ainsi sortir de la déflation. Une grande première dans l’histoire. L’idée est très simple au final: les retraités ont leurs sous de côté aux USA. En affaiblissant le Yen, il devient alors plus rentable pour les retraités de rapatrier leur argent au pays du soleil levant. Les retraités gagnent alors en pouvoir d’achat et deviennent par la même occasion l’alimentation principale du système. La seule et unique question restante, c’est que va-t-il se passer si ce tout ou rien ne fonctionne pas… Et ça, c’est une véritable inconnue.

Pour d’autres articles sur le Japon, c’est ici et ici.

Cet article a été écrit par...
Clement Passionné d'actualité, c'est en 2011 que je créé Time To Think, site d'actualité. 3 ans plus tard, ce dernier devient Fourth Wall. Mon objectif : mettre en avant l'actualité dont les grands médias parlent peu ! Retrouvez moi aussi : www.clement-gracyk.com

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